Meshell a changé. Sa musique aussi. Plus apaisée, plus libérée. En cet automne 2011, Weather son nouvel album emprunte les lumières de cette saison où les demies teintes prédominent, les nuances, une certaine douceur. L’artiste a décidé de se laisser porter par ses sentiments. Meshell n’a jamais craint de délivrer des impressions intimes, avec des termes explicites ou imagés, vrais. En cela, elle est restée fidèle à elle-même.
Mais le climat folk, les mélodies acoustiques en suspension de Weather la rende plus immédiatement abordable.Sur Weather, Meshell aborde les méandres de la relation amoureuse. L’un de ses thèmes de prédilection. Ses héroïnes sont marquées par le vide laissé par l’être aimée (« Objects »), ou au contraire, comme dans un jeu de miroirs, s’épanchent sur le mal fait aux autres. Elle reprend Leonard Cohen, « Chelsea Hotel », « dédiée à Janis Joplin, une chanson très triste, un peu sexiste. » ou « Don’t Take My Kindness For Weackness », des Soul Children, un groupe soul des années soixante-dix, dont elle s’est totalement réappropriée le message. Ses textes à elle sont courts. Précis ou allusifs, imagés et poétiques (« I want to be your answer »).
« Ce sont comme des mantras, quelques phrases jetées, quelques images qui me viennent. Puis j’ajoute la musique. » Le monde, il en est question aussi, aux détours de plusieurs titres. « Oysters » évoque « le changement dont tout le monde parle, mais qui ne vient pas ». Meshell explique : « Le consumérisme gagne sans cesse. On vit pour une nouvelle voiture, un nouvel ordinateur, à quoi bon ? ». Bienvenue à la grande party mondiale ? « Not for me » (« Sans moi ») répond-elle dans « Dirty World ». « Je vis à deux heures de New York. J’ai fui la saleté. Là où j’habite, il y a une ferme, de la nourriture saine. J’adore la cuisine, qui n’est pas si éloignée de la musique. Il faut des ingrédients, et le plaisir essentiel, c’est toujours l’offrande aux autres. »